Sans la musique, la vie serait une erreur. (F. Nietzsche)


jeudi 26 décembre 2013

Quand Snarky Puppy invite Lalah Hathaway....

....ça fusionne, ça groove, ça soul,  y’a du monde, c’est magnifique… Voici mon petit cadeau coup de cœur de fin d'année.

Snarky Pubby est un bassiste, compositeur de Brooklyn, qui à une grande Famille, il invite Lalah Hathaway pour un repas musical sur son dernier disque « Family Dinner », ce qu’elle fait avec sa voix (2 notes en même temps) à la fin du morceau tient de la sorcellerie, les musiciens eux-mêmes restent scotchés à leur instrument.
Bonne fin d’année 2013 à tous

JC Soul-JazzBof

samedi 21 décembre 2013

Avishai Cohen "Almah" : Artiste dans l'âme

Avishai Cohen, s'est imposé comme un artiste majeur du monde du jazz en quelques années, il se remet,  encore une fois en question, avec ce nouveau projet "Almah" et vient à nouveau brouiller les cartes.

Ce contrebassiste passionné embarque avec lui des racines orientales qui s'imposent à lui dans chaque projet.

Après avoir magnifiquement exploré le trio jazz ( Piano, Contrebasse, batterie) notamment avec l’incontournable "Gently disturbed", il s'est ensuite produit sur scène avec un groupe très "musiques traditionnelles"   avec des instruments du monde arabe et une chanteuse; il a enregistré alors des albums très réussis  comme " Aurora" ou "Seven Seas".

Et le voilà qui se présente pour se projet avec un quatuor à corde, et encore un fois il nous bluffe complètement. Sa marque y reste intacte mais la forme est complètement nouvelle.
Le mariage semble naturelle tant il est agréable, les élans jazz percutants communiquent avec les nappes de violoncelle et inversement.
Alain Manoukian, dans une chronique à la radio, évoquait à propos de cet album, l'analogie à une pyramide: En bas les différents styles musicaux restent très dissemblables, et plus on monte en qualité et plus ils se ressemblent.
Bien que cette illustration soit sympathique pour ma part je n'y crois pas beaucoup.
Seul le jazz, musique vivante, se nourrit des autres univers musicaux. Le jazz est universel, il s'inscrit à tous les temps et dans tous les espaces. Le jazz n'a pas peur d'intégrer des influences multiples, il reste cependant lui même et changeant tout à la fois.

Le jazz est un  terrain de jeu extraordinaire pour les vrais artistes comme Avishai Cohen
JaZZmarc

Song for my brother ( putain que c'est beau)

Gretchen Parlato: Live in NYC

Profitez de Noël pour vous faire offrir un CD/DVD live in New-York, celui de la chanteuse Gretchen Parlato. 

Je la découvre aujourd'hui mais Wayne Shorter lui a déjà fait les honneurs de la scène à ses côtés, Marcus Miller l'a invitée sur un titre de "Renaissance", Herbie Hancock et Terence Blanchard la protègent et Esperanza Spalding est son amie.

Son père était un musicien de Zappa et elle a déjà enregistré trois disques en studio que je ne connais pas. Mais ce live, capturé dans un club à la mode de la Grosse Pomme, le Rockwood music hall, est un vrai bonheur.

Une voix cristalline et sensuelle qui se greffe sur un groupe qui me rappelle parfois E.S.T., avec un pianiste qui excelle dans la mélodie, Taylor Eigsti, et pas moins de deux paires de musiciens rythmiques ( Allan Hampton / Marc Guiliana ou Burnis Earl Travis II/ Kendrick Scott, respectivement basse /batterie)

Vous en aurez des frissons de plaisir et l'envie immédiate de traverser l'Atlantique pour écumer les clubs de New-York. Bonne écoute, les mecs !

 François S.P. Jazzbôf



Ici avec Allan Hampton/ Marc Guiliana et et ... Aaron Parks au piano


mardi 17 décembre 2013

David Enhco Quartet and Thomas Enhco Trio au théatre de Vienne

Le mardi 10/12/13 au théâtre de Vienne 
Pour la première fois sur une même scène  "Jazz à vienne"  nous donne à voir les deux frères Enhco successivement avec leur formation propre.

David, le frère à la trompette, ouvre le concert avec son Quartet gagnant. 
Roberto Negro est au piano, bien connu du public régional, ce musicien fantasque ronge son frein pour se mettre, comme tous les autres, au service du groupe et du projet de David Enhco.
Une rythmique de course complète le quartet où l'on trouve Florent Nisse à  la contrebasse et Gautier Garrigue à la batterie,  leur son est clair et leurs interventions au cordeau.
Le projet de ce quartet est un Jazz résolument moderne,  une musique dynamique, élégante , et exigeante aux enchainements complexes.
Le répertoire est tiré du premier album de la formation sorti cette année " La horde", et d'un album
à venir avec des titres qui sentent encore la peinture fraiche :   "Mai 2013, "345" , "Keep it simple"; et qui ont l'air déjà très aboutis et enthousiasmants.
David Enhco assure sa position de leader bienveillant, il dompte son instrument avec assurance, il n'utilise aucun effet d'aucune sorte avec sa trompette, seule sa technique et son inspiration du soir produisent des émotions bienfaisantes.

Pour le passage de flambeau Thomas au piano rejoint David pour un duo et une ballade enlevée. Ces deux là  ont un plaisir évident à jouer ensemble leur plaisir est communicatif. Ils se connaissent comme 2 frères et sont sur scène unis par une passion "familiale"  commune. 



 Et puis c'est le tour de Thomas le frère au piano.
Lui il se présente en trio, et ses deux compères sont eux aussi des numéros gagnants: Nicolas Charlier, un compagnon de longue date, est à la batterie et Matéo Bortone esthète de la contrebasse, toujours dans les bons coups, assure la partition habituellement réalisée par Chris Jenning   
La musique de Thomas Enhco est toute en délicatesse, en quelques morceaux il nous dévoile l'étendue de son talent en abordant dans un jazz moderne des ambiances très différentes: Des ballades langoureuses comme  " You're just a ghost" ,  des senteurs orientales venues du désert avec "Wadi Rum" , du swing avec "Morning blues" il y a même eu un morceau qui a tourné Rock .
Ces titres sont tirés de son album sorti en octobre 2012 "Fireflies", constitué uniquement de compositions personnelles, excepté une reprise de l'Opus 15 de Robert Schumann pour la fusion entre le jazz et musique classique.

Sans qu'il soit démonstratif on comprend vite que nous sommes en présence d'un artiste majeur de sa génération. Il a, à peine, 25 ans et il démontre déjà beaucoup d'assurance et de personnalité

 David rejoint enfin  son frère pour constituer le temps d'un morceau un nouveau quartet pour un final en beauté. 

Avec une soirée comme celle là nous pouvons être confiant avec la jeune scène Jazz, elle est pleine de talents formidables.  

Quarté ou tiercé il n'y aura pas de gagnant ce soir ou plutôt si il y en a un: Le public.
JaZZmarc
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David Enhco 'la horde"


Thomas Enhco : "You're just a ghost"

lundi 2 décembre 2013

Mats Gustafsson et The Things : Le Jazz punk brutal

Le Jeudi  28 Novembre Au planétarium de Vaulx en Velin
C'est avec les potentiomètres collés à fond à droite que le trio de Mats Gustafsson  "The Thing" a débuté son set. Sans somation ils démarrent à fond la caisse par un "jazz" free des plus débridé; et puis ils ont accéléré.

Ces suédois là sont complètement allumés; oreilles sensibles s'abstenir, et pour les chants de noël il faudra repasser.

Cette formation propose une musique brutale, tout en puissance et en improvisations énergiques.
Pour définir leur musique je dirais que c'est du Jazz "Hard Métal", avec une démarche proche de ce que fut le Punk pour le rock: Eux ils ne refusent pas les académismes du jazz, non ils les dynamitent.

Par comparaison le jazz rock sur-vitaminé de Guillaume Perret avec son Electric Epic c'est "Peace and love". 
Ce trio étaient les invités du Périscope pour une soirée "Hors les murs" au Planétarium de Vaulx en Velin, l'endroit est très accueillant, et la soirée avait démarrée par une déambulation ludique au sein d'une exposition autour de la lumière et de ses mystères au son d'une musique mixée par Romain Constant.  

J'ai compris pourquoi il n'y avait pas de chaise dans la salle, ce n'était pas vraiment un concert c'était la GUERRE.
Bon j'ai mal aux oreilles je m'en vais.

Mats Gustafsson (Saxs) Paal Nilssen Love ( Batterie) et Ingebrigt Flaten (Basse)

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JaZZmarc

samedi 30 novembre 2013

Steven Wilson "the raven that refused to sing"

La piste est toujours ouverte, celle qui mène au Jazz via le rock progressif.
Steven Wilson porte haut ce style musical qui a eu ces beaux jours dans les années 70, et qui s'est fait plus discret après.

C'est mon cheminement,  mon enthousiasme de jeunesse pour les musiques de YES ou de King Crimson m'a amené ensuite à vouloir encore plus de créativité et de champs libre à l'improvisation.

Mais la source est encore bien là. D'autres, et j'en connais, ont cheminé davantage en partant d'une musique plus "root" : le Blues pour arriver au même Jazz.   
Steven Wilson avec son nouvel album "the raven that refused to sing... and other strories" confirme sa volonté de creuser ce sillon, et reste toujours très créatif. Même si, même si ...ça et là on se dit la ça pourrait être Genesis, ou Jethro Tull.
Je trouve les séquences lentes; qui font partie de l'enchainent de "stop and go" typique du genre; un peu mièvres mais j'écoute avec un plaisir grandissant ce joli projet. Jugez-en plutôt.   
JaZZmaRocK


lundi 11 novembre 2013

Jean Kapsa : Auditotium du Trente à Vienne

Le jeudi 7 novembre à  l'Auditotium du Trente de Vienne
C'est dans le cadre de l'organisation de Jazz à Vienne et dans le petit écrin somptueux de l'auditorium de la médiathèque de Vienne qu'était attendu Jean Kapsa pour une nouvelle performance, seul au piano.


Et c'est avec une heure de retard qu'il démarre son set, un bouchon monstre entre Valence et Vienne l'ayant retenu plus de 2 heures sur l'autoroute.
Malgré cet incident et la contrariété qu'il aurait pu suscité chez lui, Jean Kapsa est imperturbable,  avec calme et assurance il rentre à nouveau en communion avec son piano.


Il a scindé son spectacle en deux parties.
Dans un premier temps il joue 5 morceaux, écris, de son tout nouveau répertoire en solo, qu'il avait présenté au mois de septembre au Périscope de Lyon. " Clouded Mind"
Ces morceaux sont d'une grande densité, avec des lignes mélodiques très marquées, mais propice à des digressions ingénieuses. J'ai l'impression que leur interprétation a gagné encore en inventivité, et qu'ils sont mures pour être enregistrés et régaler nos oreilles et notre imagination de façon plus durable.

Ce répertoire est issu d'un travail original auquel s'est astreint Jean Kapsa, celui d'enregistrer pendant 100 jours des miniatures improvisées, qu'il publiait jour après jour sur son site Web et qui ont fait l'objet d'un album : "Improvisations".

Aussi pendant la deuxième partie du spectacle, ce sont trois espaces d'improvisation que l'artiste nous propose. Des moments complètement éphémères pour le coup; ce soir  peut être ont ils été plus torturés en repensant aux 21 tonnes de jambon déversées sur l'autoroute un peu plus tôt dans la soirée.

Pendant ces espaces Jean Kapsa reprend des "modèles" qu'il a déjà travaillé et que l'inspiration du jour va remodeler. L'improvisation c'est d'abord beaucoup de travail puis du talent et enfin la magie de l'instant.

La musique nous donne à partager des émotions, la où les mots restent insuffisants, l'improvisation nous permet elle, me semble t'il, d'accéder à un niveau d'abstraction supplémentaire comme l'accès à des niveaux de rêve plus profond à partager. Il faut lâcher prise et se laisser perdre : so "Let get's lost"       

Jean Kapsa a pris encore de l'épaisseur,  et peut être aussi une dimension mystique, et ce n'est pas simplement du à son nouveau look de barbu. Heureusement les mystiques tentent toujours de transmettre leur compréhension du monde aux pauvres mortels bienheureux que nous sommes,
...et qui en redemandent.

JaZZmarc
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Clouded Mind au Periscope

Improvisation à Vienne




mardi 5 novembre 2013

Epitaphe

 † 1942-2013
" L'animal du rock est parti
rejoindre les étoiles noires
qui l'attendaient au paradis
des musiciens du binaire.

Jim l'a accueilli: "hello, Lou"
et puis "This is the end, my friend"

Jimmi a joué un solo fou,
Lady Day fait " salut mon chou,
tu m'as chanté comme une reine.
A ton tour de te reposer."

François S.P. Jazzbôf






 It's not "a perfect day"

lundi 28 octobre 2013

Au secours Le Migou est au périscope

Samedi 27 octobre au Périscope
Au secours ! l'abominable homme des neiges, inventé par Hergé, dans Tintin au Tibet était au Périscope samedi: Le Migou
C'est le nom que s'est choisi ce sextet issu du collectif artistique "Le Grolektif ".
Tout comme Hergé qui nous a fait connaitre des pays lointains sans jamais avoir quitté son bureau lui même, "le Migou" a l'ambition de nous faire revisiter les États-Unis en musique sans vraiment y être allé.

Aussi ils s'appuient sur toute l'imagerie qui nous est donné à voir depuis l'Europe, les musiques traditionnelles, le folk, le blues, la soul;  mais aussi les bandes originales de films qui véhiculent une idée, façon patchwork, des US.
Ce soir au Periscope, c'est une soirée spéciale puisqu'elle annonce la sortie de leur premier disque.
Aussi c'est avec un enthousiasme communicatif que ces jeunes musiciens déroulent les titres de ce projet.
Un grand plaisir de jouer ensemble se dégage de ce groupe, et quand il y a du plaisir pour 6 il y en a pour toute la salle. 
Les titres sont des noms de villes "La Fayette" ou "Nola"  en Louisiane, ou des noms en référence au cinéma américain "Ennio Morricone" ou " Docteur Mabuse".
L'objectif est pleinement atteint, nous étions bien, tantôt dans les grands espaces de l'ouest des USA, tantôt dans la BO d'un film à venir de Tarantino. Nous sommes même allés dans un bar en fin de nuit pour évoqué  Tom Waits, avec un blues langoureux : "Whisky"      

Les compostions sont très élaborées, elles sont signées essentiellement par Thibaut Fontana au saxophone et Nicolas Frache à la guitare.
Elles laissent des espaces d'improvisation exécutés avec beaucoup d'inspiration et de dextérité par leur créateurs mais aussi par  Quentin Andréoulis au violon très en verve ce soir et Emmanuelle Legros qui, elle, navigue entre trompette et accordéon avec autant de réussite.

"Le Migou" est descendu des neiges, gare à son prochain passage sur scène.

JaZZMarc
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Thibaut Fontana : saxophone ténor / Emmanuelle Legros : trompette et accordéon / Quentin Andréoulis : violon / Aëla Gourvennec : violoncelle / Nicolas Frache : guitare / Pierre Gibbe : basse

Macha Gharibian : Un nouveau nom dans le "jazz oriental"

 Le Mercredi 23 octobre au Hot Club.
Il y a des soirs de jazz, des soirs de chance...
je me souviens de la première fois où je l'ai vu en concert c'était  au Hot club, un soir d'octobre 2013. Le concert avait déjà commencé, j'étais en retard, le club était archi plein. La rumeur avait bien fonctionnée : "il ne faut pas rater Macha Gharibian pendant le festival Rhinojazz(s) "

Les premières sonorités qui étaient venues à mes oreilles alors que j'étais encore en train de montrer "pattes blanches" à l'accueil, ressemblaient plutôt à du "smooth jazz" façon outre atlantique,... une chanteuse était au piano : quoi encore une copie pâlichonne de Nora Jones  ?
Que nenni !
Ce soir là c'était le premier concert de Macha Gharibian en quartet à Lyon, le premier d'une longue série...mais ça c'est du futur.

Son style fait penser à celui de Tigran Hamassian, Avishai Cohen ou encore Aziza Mustafa Zadeh mais elle a une vrai personnalité son univers se situant entre : L'Arménie, La France, New York et ...Rachmaninoff 
Elle est la fille de Dan Gharibian , guitariste et fondateur du groupe Bratsch, de musiques traditionnelles Arméniennes, Tziganes et jazz manouche.
Après une formation classique, elle participe aux tournées de Bratsch puis complète son expérience dans le milieu jazz de New York.
Son projet personnel a pris la forme d'un quartet:  Piano, Basse, baterie guitare électrique, et s'est concrétisé par un premier album, sorti en début d'année,  "Mars", que j'écoute en boucle depuis le
concert.
On y trouve de jolies mélodies aux effluves orientales, des musiques traditionnelles réarrangées, des poèmes  mis en lumière par la musique de Macha comme celui de William Parker : I'm not a dancer..."       
"Je ne suis pas un danseur, je suis un humain, ...mais quand quelques chose remue en moi , je danse"

Le quartet préserve l'équilibre entre tradition et modernité, David Potaux-Razel notamment à la guitare électrique, crée des nappes d'ambiances colorées qui participent à la face moderne de l'ensemble. 

Qu'on se le dise il faudra compter avec elle dorénavant.
Revenez à Lyon très vite que nous écrivions la suite de l'Histoire.

JaZZmarc
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Macha Gharibian : Voix, Piano, Fender Rhodes / Théo Girard : Contrebasse / Bertrand Noël : Batterie / David Potaux-Razel : Guitare,

 Byzance.

Kele Kele

Elise Carron & Edward Perraud –Deux doigts de folie à Un Doua de jazz


Le mercredi 23 Octobre,
Edward Perraud pour son troisième concert dans le cadre du festival Doua de jazz, se présente en duo.

Il nous propose ce soir une sorte de performance scénique à deux.
C'est d'abord une association rare, puisqu'il marie ses percussions à une voix, et  il est accompagné pour cet exercice de style par Elise Caron, artiste aux talents multiples: chanteuse, musicienne et actrice.
Mais au delà d'un simple duo musical c'est une expérience artistique originale à la quelle nous assistons, faite de sonorités étonnantes et de différentes expressions vocales. 

Tout de suite je pense à la dose d'impudeur et d'audace qu'il faut avoir pour se livrer comme le fait Elise Caron.  Elle entame, en début de concert, une mélopée comme si elle chuchotait une confidence, c'est comme un chant indien qui ne tarde pas à nous ensorceler.
Elle abordera successivement différentes ambiances ou cultures, on reconnait tantôt le phrasé des Japonais, ou plus tard les accents gutturaux allemands.
Pour ma part j' ai entendu aussi des incantations chamaniques qui pourraient, si on n'y prenait pas garde, nous faire décoller du sol.
Edward Perraud tel un homme orchestre complètement allumé fait feu de tout bois. Des baguettes ne suffisent pas; il utilise, une cymbale, un archer voire d'autres objets non identifiés pour créer du son.
Un séquenceur et des micros spéciaux viendront élargir la palette d'outils qu'utilisera Edward Perraud pour créer de nouvelles sonorités. Et il nous rappelle cependant avec quelques solos que c'est aussi un batteur exceptionnel.

Ces deux fêlés ont enregistrer un disque "Bitter Sweets", heureusement sinon ceux qui n'ont pas vu le spectacle ne nous croiraient pas.   
Pour les  vrais artistes qui osent aller au bout de leur créativité et qui se lâchent: Chapeau !
et pour ceux qui les laissent faire voir qui les encouragent : Merci !  

JaZZmarc
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mardi 22 octobre 2013

Les bonnes nouvelles de la pop du moment

Des voix ... avec presque rien autour,
mais quelles voix, graves, assurées, émouvantes, planantes en voici de belles nouvelles de la pop du moment  
Hannah Reid la chanteuse de London Grammar du haut de ses 23 ans et de son premier album est impressionnante d'assurance.

Agnes Obel la danoise confirme sa singularité avec son dernier album "Aventine" et ce superbe titre "The Curse"


Romy Madley Croft la chanteuse du groupe "The XX" est dans cette même veine minimaliste qui nous emporte avec volupté




Pop 2013 by Aguirre on Grooveshark
En Bonus La reprise par Agnes Obel de "Between the Bars" d'Elliott Smith :


Voilà un ptit billet avec de la musique douce ... pour François  
JM

lundi 21 octobre 2013

Joshua Redman à Evian


Le Samedi 19 Octobre à la Grange d'Evian.

Un concert à ne pas rater, rien que pour la salle magnifique de la Grange aux lacs, toute en bois, avec des bouleaux entiers qui décorent le mur de scène.

Une salle qui rappelle la Sibérie, qu'Antoine Riboud avait financé pour son ami Rostropovitch. Joshua Redman reconnaîtra qu'elle est "unique" ( en anglais dans le texte).Et nous gratifiera d'un concert à la hauteur du lieu, accompagné de ses vieux complices Aaron Goldberg (piano), Reuben Rogers ( contrebasse) et Gregory Hutchinson ( batterie).
Pour l'occasion, le saxophoniste revisite sa carrière, remontant à des morceaux qu'il a composés "thirteen years ago" pour l'un, "one of the earliest I composed" pour l'autre. Mais Redman sait aussi rendre hommage à ses maîtres quand il reprend un titre de Wayne Shorter, un autre de Charlie Parker.

 Sans crier gare, voilà qu'on se retrouve déjà au dernier morceau du set où l'on s'interroge encore sur le souffle et la virtuosité du musicien tant il nous a ébahis.
Le public rappelle énergiquement le virtuose qui nous sert en supplément un morceau célèbre de Prévert et Cosma .
Un seul, c'est vrai, et on aurait bien aimé un peu plus, mais n'oublions pas que Joshua est américain, professionnel et que le programme mentionnait un concert d'une heure trente.Remarquez, le même programme s'était trompé sur la date de naissance du saxophoniste. Alors ...

François JaZZbof
Une autre Chronique sur ce concert sur Jazz Rhône Alpes.com 

samedi 19 octobre 2013

Bill Deraime au Karavan de Chassieu le 18 octobre: Un gentleman du Blues.

 Karavan de Chassieu le 18 octobre

Bill Deraime est une légende du blues français, un peu cabossée par les ans et la "pieuvre à ventouses" qu’il fait rimer avec blues et qui noircit souvent son eau.
Mais une fois les cordes vocales à bonne température, et l’intro du premier morceau reprise 2 ou 3 fois, tout va bien, le béret rouge bien place, c’est parti pour deux heures et demi de vrai bon blues comme on l’aime, parfois assaisonné de reggae lent comme il le dit.

 Avec son faux air d’Abbé Pierre, il porte sur lui la gentillesse et la modestie, l’engagement militant aussi envers le système néolibéral (esclaves ou exclus la douleur est la même). Le discours est parfois un peu nébuleux mais revigore.

 Pas le temps d’en dire plus, Joshua Redman nous attend à Thonon. Alors il faut tout simplement écouter le dernier album de Bill Après demain , car  il y a quand même un peu d’espoir à la fin…

Nous lui avons fait dédicacer son CD,  il s’est appliqué de sa belle écriture et s’est excusé d’avoir mal fait une lettre de mon prénom, un gentleman vous dis-je !

Petit bémol au Karavan, dont l’accueil est par ailleurs toujours chaleureux, une soirée Blues sans bière ça déprime un peu…

Bill : Guitare 12 cordes, voix bien sûr, Mauro Serri : 6 cordes, Stephane Pijeat drums et Denis Ollive basse. Tous excellents.

JC BluesBôf



Un film noir d'anthologie au festival Lumière 2013: Gun crazy

Salle comble au CNP Terreaux en ce mercredi 17 octobre à 18 heures pour voir une perle du cinéma américain de série B, "Gun crazy" ( que je préfère nettement au titre français "Le démon des armes" ).

Même la starlette de l'époque du tournage, Peggy Cummins, s'est déplacée et
fait de l'humour avant la projection. Philippe Garnier himself nous a avoué que pour lui, plusieurs années avant Godard et son "A bout de souffle", Joseph Lewis faisait oeuvre de précurseur avec "Gun crazy".

Et c'est vrai que le film ne déçoit pas. Tout y est des ingrédients du noir : un héros dont on sait dès le début du film ( son enfance) qu'il n'échappera pas à son destin tragique, une femme fascinante et fatale, un enchaînement de faits inexorable qui ressemble à une longue descente en enfer.

Le tout dans un beau noir et blanc, avec des innovations dans le tournage des braquages ( ah, cette scène où la belle Peggy fait la conversation à un flic devant la porte de la banque où l'on a vu entrer son complice, tout en jetant des coups d'oeil angoissés derrière l'épaule du pandore).

Un côté onirique aussi un peu à la "nuit du chasseur" ( en particulier dans la scène finale au milieu des marécages embrumés ). John Dall ,que l'on reconnait comme l'un des protagonistes du film "La corde" d'Hitchcock ,donne la réplique à Peggy.

Et tous les amants assassins du cinéma vous reviennent en mémoire ( Bonny and Clyde, Sailor et Lula and so on ).   
 François Polarbôf


mardi 15 octobre 2013

Trombone Shorty au Transbordeur

Le Jeudi 10 octobre au Transbordeur à Lyon
Le phénomène Trombone Shorty était de retour dans les salles lyonnaises cette semaine, mais pas dans le circuit  Jazz habituel, c'est le Transbordeur qui l’accueillait. 
Sa musique survitaminée convient aussi bien à la démesure du théâtre antique de Jazz à Vienne où on l'a vu cette été, qu'à ce temple des musiques Pop/rock de Lyon. Ce n'est, en tout cas,  pas demain qu'on le verra dans un club. 
Son passage à Lyon s'inscrit dans sa nouvelle tournée destinée à présenter son nouvel album: "Say to say this"  , il a quelques dates en Europe et ensuite il va sillonner les États-Unis de part en part.

Trombone Shorty nous propose la musique de la "Nouvelle" Nouvelle-Orléans, la tradition du jazz New-orleans secouée par l'énergie du Funk et du Rock.
Il nous l'offre dans un show à l'américaine énergique et professionnel. Il arrive après que ses musiciens aient bien chauffé la salle, bras écartés tenant sa trompette et son trombone tel le catcheur qui rentre sur le ring. Et c'est en vrai sportif qu'il mène son spectacle, tous muscles dehors, pendant presque 2 heures il va tout donner : De l'énergie et encore de l'énergie.       
Il est accompagné par ses musiciens habituels de rockeux et de jazzeux:
Parmi les rockeux on trouve, le guitariste Pete Murano aux riffs ravageurs, le batteur Joey Peebles bucheron aux gestes amples et le bassiste Michael  Ballard qui gesticule pas mal aussi et participe au look rock de l'ensemble.
Côté jazzeux c'est Tim Mcfatter  et  Dan Oestreicher  aux sax qui font plus que servir la soupe à leur leader.

Le spectacle s'articule autour de morceaux des albums précédents qui ont fait la preuve de leur efficacité sur scène " Buckjump"  , "Américan woman" ou encore ..."Encore" qui mets le feu à chaque fois, et des morceaux nouveaux dans la même veine : "Vieux carre" ou "Fire and Brimstone".
Trombone Shorty fera son petit tour parmi le public, et pour finir tous les musicos se retrouveront tous à la batterie pour un solo à 6.

Le public sort enthousiaste avec la banane, il aura été particulièrement gâté par ce show Hyper Tonique.
JaZZmarc marc

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Photos : Jean-Pierre Brun 



mercredi 2 octobre 2013

1Q84: Le roman Hypnotique de Haruki Murakami

Haruki Murakami, auteur japonais, a dirigé pendant une période de sa vie un club de jazz: Nobody is perfect; mais ce n'est pas pour ça que j'ai lu cette trilogie, un ami de 30 ans me l'avait chaleureusement conseillé.
Et effectivement j'ai plongé dans ces quelques 1600 pages avec gourmandise, en y retrouvant des tas de références qui me sont chères.
D'abord on  trouve une référence appuyée à une œuvre majeure de la littérature de science fiction "1984" de Georges Orwell, on pense aussi, pour les amateurs de ce genre, à Philip.K.Dick auteur américain qui a toujours été obsédé par les frontières vaporeuses entre différentes réalités on se rappelle de   "Total Recall", "Paycheck" ou "Blade Runner" qui ont fait l'objet d'adaptations cinématographiques.

Il est vrai que les références qui s'imposent au lecteur sont davantage, me semble t'il  issues du cinéma "1Q84" c'est la logique floue de David Lynch, un monde créé comme une œuvre d'art qui répond uniquement aux caprices de son créateur, c'est aussi Nikita de Luc Besson pour un des personnages central, Aomamé en justicière froide.

L'auteur nous plonge dans une histoire qui ne se passe pas tout à fait pendant l'année 1984 mais dans une déclinaison de cette année: est ce un monde parallèle? les personnages du roman sont ils victimes d'hallucinations ? Dans cette déclinaison de 1984 il y a deux lunes, les morts tapent aux portes des appartements, et des personnes en miniature font des apparitions mystérieuses. Dans ce monde énigmatique on suit la trajectoire de deux êtres singuliers, Tengo et Aomamé , deux âmes sœurs  qui se cherchent et qu'un livre va peut être réunir à nouveau.

Haruki Murakami, est un intellectuel plein de malice, il nous tient en haleine avec des rebondissements et des mystères qui s'entrechoquent, il parsème son récit de scènes de crime et de sexe tout droit sorties de la fantasmagorie japonaise.
Mais en plus de nous amuser et de nous familiariser avec la vie japonaise, il nous invite à réfléchir sur la présence des sectes dans nos sociétés et  porte une réflexion sur le travail de l'écrivain et l'édition littéraire. Cette idée de l'écrivain comme un Dieu créateur qui s'observe me plait beaucoup.
Pour tout dire je trouve le livre 3 beaucoup moins dense, il aurait pu faire beaucoup moins long. Ce qui fait le charme au début: les répétitions comme un balbutiement, une rythmique lancinante; devient un peu pesant sur la fin. Au moment où le lecteur a envie que le rythme s'accélère s'est l'inverse qui se produit, tout se ralentit. C'est vraiment un malin, il évoque à plusieurs reprise Marcel Proust et son oeuvre longue et difficile à lire comme si encore une fois il s'observait. 

Et alors le jazz dans tout ça ?
La musique en générale est très présente dans cette trilogie et en particulier le jazz, que Tengo écoute dans des conditions...lascives.( Voir l'extrait) C'est plutôt du jazz traditionnel Louis Amstrong, Billie Holiday, nous sommes en bonne compagnie.
JaZZmarc
 
Louis Amstrong "Atlanta Blues" 

Extrait Livre 2 pages 35/36
Mais elle préférait le vieux jazz. ...Ils l'écoutaient souvent quand ils étaient au lit après avoir fait l'amour. Elle ne s'en lassait pas...A chaque fois que débutait "Atlanta Blues"...elle l'attrapait sur une partie du corps et s'extasiait à propos d'un solo bref et délicat, situé entre un chant et une partie soliste, de Louis Amstrong. " Là écoute bien ! D'abord on dirait un enfant qui pousse un cri, longtemps. On ne sait pas si c'est de la surprise, une joie exubérante, ou du bonheur. Puis ça devient comme un soupir de ravissement, qui serpente comme un joli petit canal, et qui va déboucher ensuite en un lieu inconnu, fantastique, hop, ça y est. Écoute donc! A part lui qui pourrait exécuter un solo aussi extraordinaire ? Jimmy Noone, Sydnet Bechet, Pee Wee Russell, Benny Goodman, oui, tous ont été fantastiques. Mais ce qu'il fait là, c'est une pure œuvre d'art. Personne ne l'égale."
"Comment se fait-il que tu t'y connaisses autant en jazz ancien? lui avait demandé Tengo un jour.
- Il y a dans mon passé beaucoup de choses que tu ne connais pas. Un passé que personne ne pourra retoucher", et puis elle avait caressé gentiment les testicules de Tengo de la paume de la main. 
  

mardi 1 octobre 2013

SambaJazz Groupe au Hot Club

Samedi  28 septembre au Hot Club
Samedi soir, Rue Lanterne, quelques gouttes de pluie sur le pavé, puis les escaliers profonds du Hot Club, quelques gouttes de Jazz... Le soleil est dans la cave ce soir. Avec le SambaJazz Groupe !

Olivier Truchot (pianiste bien connu ici) nous raconte en préambule la philosophie du groupe, un cocktail de Jazz et de Samba mais ça on l’avait compris, en revanche les ingrédients du cocktail varient  selon les individualités présentes. A la base donc la Samba de Zaza Desiderio (batteur de Rio de Janeiro que nous avions déjà vu au Peristyle cet été) et le Jazz de Truchot  qui puise son inspiration chez « Jean-Baptiste » Chopin  ou Mendelssohn, bref du classique bien malaxé.
 Claude Bakubama à la basse électrique (rouge, elle est belle)  forme le trio, Boris Pokora le quartet, et l’ingrédient surprise du jour : Rubinho Antunès (trompette)  pour le quintet.

En attaque un morceau de Dizzy Gillespie pour chauffer la salle et les joues de Rubinho qui arrive de Sao Paulo (en passant par la Corse où Olivier et Zaza l’on déniché…) car le guitariste maison a simplement oublié la date du concert. Les absents ont toujours tort, ce trompettiste là connaît la musique et son entente est cordiale avec le multi-souffleur Boris (sax ténor, clarinette, flûte traversière…) celui là est toujours prêt a en découdre, premier sur scène à mouiller les anches et le maillot, il sera encore le premier a s’envoler d’une belle intro à la clarinette lors du dernier morceau, alors que Truchot  nous  parle encore du dernier métro qu’on a raté…
 Mais avant cela nous avons eu droit à deux sets festifs d’une joyeuse bande qui ne se prend pas la tête, à l’image d’un Zaza souriant toujours aussi efficace et disposé à mettre en valeur ses complices, j’adore le jeu de ce batteur.
Les morceaux s’enchaînent entre compositions d’Olivier Truchot et classiques brésiliens dont un arrangement très enlevé de So Danço Samba (reprise immortalisée par Gilberto et Stan Getz).

Tous ces musiciens sont très bons mais l’excellence vient du collectif. Après le vrai dernier morceau, car en fait personne ne voulait que cette soirée se termine, l’équipe se frappent dans les mains et s’embrassent, on a envie de crier GOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOL !

J’en ai cassé mon verre de bière (vide bien sûr)

Un disque est en préparation parait-il et une vidéo bientôt sur Youtube… à suivre.

JC JazzBof

et un solo de Zaza

samedi 28 septembre 2013

une légende du jazz à la clef de voute : Benny Golson

Hier soir, vendredi 27 septembre, nous avons feuilleté le livre d'histoire du hard-bop avec un jeune homme de 84 ans à qui la pratique du sax tenor conserve à la fois une excellente mémoire et ,semble-t-il, une tendresse toujours renouvelée pour la gent féminine ( j'en veux pour preuve sa compagne tirée à quatre épingles à qui il envoyait des baisers depuis la scène).

Cet homme, c'est Benny Golson, qui a fait ses gammes avec Coltrane, composé pour Art Blakey et Miles Davis, joué avec Dizzy Gillespie et Art Farmer.Benny commence son premier set à 20h30 par "whisper not", et finit le second set à minuit moins le quart par "Blues March" ( les connaisseurs apprécieront).

 Entre ces deux standards, Benny s'improvise conteur,parlant de son apprentissage du saxo à l'âge de 14 ans,de ses jams à Philadelphie avec des jeunots devenus depuis des célébrités, expliquant la genèse de chacun des morceaux qu'il a composés.

La plus émouvante de ses anecdotes est sans doute la naissance du titre "I remember Clifford" (Brown), suite à l'accident de la route qui couta la vie au trompettiste.

 Benny s'est entouré d'excellents musiciens : Fabien MARY( Trompette), Laurent de WILDE (Piano), Pierre - Yves SORIN ( Contrebasse)et John BETSCH (Batterie).

Certes il n'a plus autant de souffle qu'avant, mais il a gardé la souplesse et l'élégance de jeu qui le caractérisent.Je garderai précieusement l'autographe qu'il ma laissé, un simple "Thank you"  (sic !)signé Benny Golson.

FrançoisJaZZbof



lundi 23 septembre 2013

Latina Team à Jazz au sommet: La randonnée Jazz

Le 22 septembre au crêt de Chaussitre
Le festival "Jazz au sommet" clôturait dimanche sa 7 ème édition par une "Randonnée Jazz"; une belle idée et quelle belle association.
Une petite demi heure de randonnée pour se retrouver sur le site magnifique  du Crêt de Chaussitre au coeur du parc du Pilat qui offre une vue panoramique sur les environs : Monts du Forez, Monts du Velay, Monts du Vivaray...
Les organisateurs bénévoles et enthousiastes de ce Festival ont été comblés par la météo en ce premier jour de l'automne, c'était une belle journée ensoleillé baignée par une belle lumière douce.
Posée dans ce cadre champêtre, on trouvait ce dimanche une scène dotée d'une sonorisation parfaitement réglée, et sur cette scène un quintet de Jazz Latino:  "Latina Team"  mené par un local de l'étape le saxophoniste stéphanois Michel Goutagny.
Le groupe déroule pendant la première partie du set des standards dans des arrangements cubains : "les feuilles mortes", "the girl from Ipanema" ou encore "Around midnigth" c'est un jazz festif pour un public large. Pour la version de "Is'nt she Lovely" de Stevy Wonder façon" thé dansant", j'ai eu un peu de mal mais incontestablement c'était la bonne heure.
Pour la deuxième partie du set le groupe à fait lever le public, et s'est lancer dans des musiques encore plus entrainantes pour faire danser les randonneurs du dimanche : cha-cha-cha, boléro... et ils ont tout à fait réussis dans cet exercice, avec la contribution très active du percussionnistes et surtout chanteur Aymel Gomez qui a montré tout son talent.
 La fête était tout à fait réussie dans un cadre grandiose.
 La randonnée et le jazz : je remettrais bien ça l'année prochaine

Michel GOUTAGNY (sax. ténor, chœur) Bruno MORI (basse, chœur), Christophe BLOND (piano),
Isel RASUA VALL-LLOSERA (Batterie, chœur), Aymel GOMEZ MANCRIFFE (percussions,chant)

  JazzMarc
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C'était un peu Woodstock quoi !



Les grosses guitares 2013

Le 21 septembre à Vaugneray
Les Grosses guitares à Vaugneray, c'est une ambiance bon enfant ( une association locale , des frites artisanales et de la bière, un tampon bleu sur le poignet comme au bal )et un gros son de guitare.Le spectacle ouvre à 18 heures, mais j'arrive toujours comme les hallebardiers, à 20 heures.

Le groupe qui officie, les Doods, rassemble quelques rescapés de la scène rock lyonnaise ( Kildo, Ganaf) et ose, parmi ses reprises, du Gallagher.  Une panne d'électricité temporaire n'a pas affecté leur fougue, mais retardé le début du set suivant. Il s'agit d'un groupe de jeunes Stéphanois , nommé "Back to the seventies" qui balance aussi bien du Led Zep que du Kinks, du Deep Purple que du Stones.
Dommage que le chanteur ne respecte pas toujours le texte des chansons, mais, bon ... Entendre des soli endiablés de gratte, c'est pour ça qu'on est là, et ils s'y entendent.
C'est hard et c'est bon.

Et puis, à 11h arrive le "Band of friends":amis de qui ? De Rory Gallagher, le lutin irlandais.Et pas n'importe lesquels : le bassiste Gerry Mac Avoy et le batteur Ted Mac Kenna. La lourde tâche de jouer de la guitare incombe ce soir à Philippe Ménard, qui, Gerry le dira plus tard, remplace au pied levé un certain Marcel.
C'est difficile de faire oublier le maître, mais Philippe s'emploie à nous faire revivre les succès de Rory, de Wayward child à Laundromat. C'est Gerry qui est à la baguette et encourage le guitariste solo à avancer vers le public.
Et rien que ça, c'est émouvant.
Repose en paix , Rory : ton pote Gerry veille "against the grain".

FrançoisHardBof

mercredi 18 septembre 2013

Tedeschi Trucks Band "Made up mind": Un CD Roots

Vous aimez le rock sudiste,genre Allman Bros ou Lynyrd Skynyrd, les voix féminines à la Sheryl Crow ou à la Stevie Nicks.

Alors, plongez la tête la première dans le Tedeschi Trucks Band.Sur la photo intérieure de la pochette du dernier CD, "Made up mind", on voit dix musiciens, noirs et blancs.

 Au centre, Susan Tedeschi, une blonde (eh oui, il faut vous y faire !), la voix. Elle pose la main sur l'épaule de Derek Trucks,le soliste, qui utilise des guitares de chez Gibson, une bonne maison.Sur la couverture de la pochette, un bison qui fonce dans une loco à vapeur. La musique a été enregistrée au Swamp Raga Studios de Jacksonville, Floride.

Et c'est un pur bonheur pour les amateurs de ce genre de rock. Ecoutez le solo de " The Storm ", l'avant-dernier morceau du CD, et vous m'en direz des nouvelles. L'autre soir, on parlait d'un voyage musical aux States, de la Nouvelle-orléans à New-York, en passant par Memphis et Chicago.

Faudra-t-il ajouter une étape à Jacksonville ? En tout cas, "Made up mind" fait du bien : l'herbe repousse là où il passe.

François Southrockbôf


PS: n'oubliez pas d'écouter leur double live "Everybody's talkin'" (ceux qui les ont vus à Vienne en ont encore des frissons )

lundi 16 septembre 2013

Jean Kapsa en solo au Periscope : Clouded Mind

C'est un  artiste en état de grâce que nous avons retrouvé ce soir au périscope.
Jean Kapsa qui participe à plusieurs projets en groupes, avec le trio Sphère ou le quartet Festen par exemple, se présente seul au piano ce soir.
L'air un peu grave au début, on comprend que le moment de livrer pour la première fois ses dernières compositions personnelles est important.

Il prend possession de son instrument et nous voilà partis pour un fabuleux voyage immobile, où les morceaux s'enchainent, toujours très mélodieux, très denses, parsemés des digressions lumineuses et de coups de folie.

 Cette musique pourrait être la bande originale de films,
- une poursuite amoureuse .... attends-moi j'arrive !
- un vol d'aigle au dessus  d'une chaîne montagneuse
- un voyage sinueux en train
... chacun va y calquer sa propre imagerie certainement.

Mais la musique a aussi l'énorme pouvoir de décrire l'indicible: un sentiment, un état émotionnel.
Ici Jean Kapsa nous livre son état d'esprit pendant une période où il a du surmonter une épreuve. 
 Aussi le choix d'une formation en solo, n'est ni un défi, ni un calcul dans une carrière, ce choix s'est imposé à lui comme une évidence pour ces compositions, en guise, peut être, de thérapie.

Douleur et créativité, c'est une association vénéneuse à laquelle nombre d'Artistes sont confrontés.
Un exemple fabuleux dans le monde de la musique c'est Elliott Smith, auteur, compositeur et interprète Pop/rock,  artiste torturé s'il en est, écorché vif qui a payé le prix fort sa créativité.
Et c'est à cet artiste, que je vénère, auquel Jean Kapsa fait référence pour cette création.
Dans un petit document, à l'entrée du club, il présente sobrement son projet, il écrit qu'il a baigné dans la musique d'Eliott Smith pendant cette période de sa vie, et que le morceau "Son of Sam" qui tournait en boucle a été une grande source d'inspiration. D'ailleurs tous les titres de ce répertoire sont extraits des paroles de "Son of Sam" : " Something's happening" ,"Clouded Mind", "Idon't Know what I am"...

Le temps est passé très vite, trop ! En guise de rappel, moi, j'aurais bien aimé un "bis repetita" intégral, ...
mais ça n'a pas été possible.
L'artiste nous a régalé, quand même,  avec une reprise entremêlée de deux morceaux "Mother nature" des Beatles et "Wonderwall" d'Oasis et avec l'interprétation d'un morceau de Nick Drake  "River man" que  Brad Meldhau avait repris lui aussi.

Le résumé du concert : Une tonne de talent et beaucoup, beaucoup de travail

Pour le revoir sur scène ? vous avez une seconde chance dans la région et ce sera  le 7 novembre à Vienne  dans la belle salle du " Trente "
 ...et puis on attendra le disque.
JaZZmarc
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mercredi 4 septembre 2013

Défoulement avec Vincent Baguian: Petite chanson courte...

J'en ai soupé de votre incompétence
Mais je suis ravi qu'un mot laid vous qualifie
Un con pétant plus haut que ses fesses en l'occurrence
Dont le cul rance est resté trop longtemps assis

C'est sur les bancs qu'on apprend l'ignorance
En apprenant à répéter ce qu'on a appris
Et que bardé de diplômes et de connaissances
On dit je sais au lieu de dire je réfléchis

J'ai du respect pour les êtres qui pensent
Sans se regarder ni le nombril ni le Q.I.
Et qui oubliant toutes leurs références
Peuvent parler de musique ou bien de poésie

En attendant que votre intelligence
Ait intégré les valeurs de la modestie
Je vous conchie avec concupiscence
Et je vous emmerderais bien un peu aussi.

"Petite chanson courte au titre un peu long à fredonner aux emmerdeurs cultivés lorsqu'ils se mettent en position de mériter qu'on la leur chante" Extrait de l'album "Pas mal"

C'est bien balancé comme souvent avec Baguian, Y'a des jours,vraiment ...ce serait bon de se défouler.
 JM
à écouter ici 

Il a fait ça aussi: "Ce soir c'est moi qui fait la fille"

samedi 24 août 2013

ERO: Joachim Expert au Peristyle

Un Expert au Peristyle : jeudi 22 Aout 2013

Bon ben voilà, c’est la rentré. J’ai retrouvé ma p’tite auto, mon p'tit bureau et mon gros boulot, la déprime quoi ! Que faire sinon écouter du Jazz et consulter un expert.
Ca tombe bien y’en avait un au Péristyle ce jeudi soir. Joachim Expert (écouté maintes fois sur Lyon) est venu nous remonter le moral flanqué d’une belle paire de bronzés partout (y compris dans leur musique), le Cubain Miguel Olmo Hernandez au congas et le Brésilien Zaza (et oui je croyais qu’il y en avait qu’une) Desiderio (quel joli nom) à la batterie. Le reste est plus classique si l’on peut dire Hugo Reydet à la contrebasse et Benoît Baud au saxophone. Le groupe s’appelle ERO (pour Expert, Reydet et Olmo je pense)

Pour ce deuxième set nous avons eu en apéritif un petit Gershwin encore bien vert et floral, puis au menu un traditionnel cubain où Miguel Olmo a montré  toute sa maîtrise des Congas et sa belle voix forte, la température est montée tout d’un coup et le public s’est mis a ondulé, enfin il me semble ; ont suivi dans la foulée un morceau dont j’ai oublié le nom et en dessert une reprise d’Horace Silver : room 608 (non c’est pas celle de GSK) sur  laquelle bien sûr Joachim Expert a pu faire admirer sa technique, mais nous avons eu droit aussi à un très beau chorus de Benoît Baud au phrasé limpide, comme cela est agréable…bien épaulé par Hugo Reydet, quant a Zaza, quel élégant batteur, un vrai jazzeux, au jeu varié qui vous propulse ses acolytes sur orbite comme seuls les grands savent le faire. Quatre petits tours et puis s’en vont, bon c’est pas remboursé (ça le devrait) par la sécu mais ça va beaucoup mieux. Merci au Péristyle (au fait les musiciens ont retrouvés leur estrade …)

JC JazzBôf

Rémi Vignolo au Duc des Lombards

Le Mardi 20 Août au Duc des Lombards

C'est désormais une habitude, votre serviteur fait une escapade estivale au Duc des Lombards .
Cette fois, c'est Remi Vignolo qui a rassemblé autour de lui une brochette de musiciens aussi jeunes que prometteurs. Et en particulier, ce guitariste qui accompagne Eric Le Lann sur le CD "Remember Chet",que je rêvais d'entendre en live : je veux parler de Nelson Veras. Fine silhouette à la frange en bataille, concentré derrière ses lunettes, Nelson montre une virtuosité digne d'un Pat Metheny et une créativité impressionnante. Les autres musiciens sont le saxophoniste Max Pinto, un brin démonstratif, et le blond Victor Nyberg à la contrebasse, qui va révéler tout son talent dans des rythmiques africanoïdes. Remi Vignolo, quant à lui, cogne furieusement sur ses peaux, les tendons saillants et le front en sueur.Des morceaux je n'ai malheureusement retenu que deux titres : "Olinda" et "la foule".
 Les sets sont enlevés. Des spectateurs subjugués par le punch de la formation en oublient de boire leur Bourgueil ou leur Champagne . Par contre, il applaudissent à tout rompre et présentent leurs "congratulations" au leader du groupe à l'issue du deuxième set. Max lui-même est étonné de l'énergie qui vient de s'exprimer. Nous sortons dans la chaleur nocturne de Paris au mois d'août et le rythme du dernier morceau nous accompagne dans le métro jusqu'aux Gobelins, jusqu'à l'appartement, jusqu'à l'entrée du rêve de cette nuit exceptionnelle.
                                                     François Jazzbôf

mardi 20 août 2013

GMT Trio au Peristyle

Samedi 17 août au Peristyle.
Jour de chance: le temps est radieux, une ambiance sereine de vacances remplit la ville, et le Peristyle affiche complet pour accueillir le Trio GMT, et quelle chance la musique y est divine.
Le trio GMT c'est d'abord un vrai trio dans sa formation reine du jazz, piano/basse/batterie,  Camille Thouvenot est au piano, Gauvain Gamon à la contrebasse et  Marc Michel à la batterie. Ces trois la produisent un jazz moderne ouvert aux autres musiques modernes, le rock notamment.
Pour cette résidence au Peristyle Romian Cuoq saxophoniste bien connu dans la région les a rejoint, et la cohésion de l'ensemble y est totale.
Le groupe déroule des morceaux de leur dernier Album " Timeless" sorti en novembre 2012:  "June", " Sahara", "Elipse", " Améthyste"... où chaque membre du trio a participé aux compositions.
Les mélodies semblent évidentes, comme si on les connaissait déjà, et le traitement qu'ils ont font est original et ambitieux.
Le public ne s'y trompe pas, il semble particulièrement attentif et ce n'est pas toujours le cas en fin d'après midi au péristyle: quelle chance !  
 Lors des deux sets auxquels j'ai assisté nous avons aussi entendus des reprises, j'en retiendrais deux particulièrement réussies, celle du pianiste Aaron Parks "Nemessis" : magnifique, et plus loin de leur registre un  morceau du groupe de trip hop Massive Attack  "Teardrop".
Bonne pioche donc, pour la soirée, ... mais concernant le succès du groupe rien à voir avec la chance : Du talent et du travail.
A bientôt dans les clubs.
JaZZmarc

samedi 17 août 2013

Hymne à la vie : Chaplin / Truffaz

 " J'ai pardonné des erreurs presque impardonnables...j'ai essayé de remplacer des personnes irremplaçables et oublier des personnes inoubliables...j'ai agi par impulsion, j'ai été déçu par des gens que j'en croyais incapables, mais j'ai déçu des gens aussi...j'ai tenu quelqu'un dans mes bras pour le protéger...j'ai ri quand il ne fallait pas...je me suis fait des amis éternels...j'ai aimé et l'ai été en retour...mais j'ai aussi été repoussé...j'ai été aimé et je n'ai pas su aimer...j'ai crié et sauté de tant de joie, j'ai vécu d'amour et fait des promesses éternelles, mais je me suis brisé le cœur tant de fois...j'ai pleuré en écoutant de la musique ou en regardant des photos...j'ai téléphoné juste pour entendre une voix, je suis déjà tombé amoureux d'un sourire...j'ai déjà cru mourir par tant de nostalgie et...j'ai eu peur de perdre quelqu'un de très spécial (que j'ai fini par perdre)...mais j'ai survécu....et je vis encore! et la vie, je ne m'en passe pas...Et toi non plus tu ne devrais pas t'en passer...Vis! Ce qui est vraiment bon, c'est de se battre avec persuasion, embrasser la vie et vivre avec passion, perdre avec classe et vaincre en osant...parce que le monde appartient à celui qui ose. Et La Vie c'est beaucoup trop pour être insignifiante. "
Charlie Chaplin
L'hymne à la vie selon Chaplin, j'adore, et j'écouterais bien la version musicale d'Erik Truffaz.

JM

mercredi 31 juillet 2013

Ibrahim Maalouf : Waiting in the wind


 Même quand Ibrahim Maalouf se délocalise à New York pour enregistrer avec quelques pointures locales une musique de film qu'il veut en hommage à Miles Davis et à sa création pour "Ascenseur pour l'échafaud" , même la, il reste complètement lui même.
Sa musique est toujours métissée, et ses sonorités délicieusement orientales sont toujours présentes.

Qu'est ce ce vent trimballe:
- de la mélancolie apaisante
- un espoir dans chaque note
- la promesse d'un voyage
- de l’enthousiasme
- ... chacun va y trouver son baume bienfaiteur 
  
"Waiting" est la plus belle illustration de tout ça : Enjoy my friend !
JaZZmarc




 Musiciens :
-Ibrahim Maalouf : trompette /Frank Woeste : piano/ Mark Turner : saxophone/ Clarence Penn : batterie/ Larry Grenadier : contrebasse

« La mélancolie, c’est le bonheur d’être triste. »
Victor Hugo 
Ascenseur pour l'échafaud 

lundi 22 juillet 2013

Neil Young au théâtre antique de Vienne le 15 juillet 2013

 Le Lundi 15 juillet Théâtre antique de Vienne

HEY HEY MY MY : Neil Young "Blowing in the Wind" par JC RockBôf
Jazz à Vienne est fini, la pierre est encore chaude et ce n’est pas ce soir qu’elle va refroidir. L’emblème du Crazy Horse flotte sur  la scène si caractéristique des concerts de Neil Young avec son bric à brac de vieilles et bonnes enceintes et un vieux piano dans un coin, sorti d’on ne sait où.

Out of the blue, into the dark, Neil apparaît de noir vêtu, stetson noir sur la tête et Tshirt CBC radio-canada, déjà il saisit comme pour se rassurer sa vieille compagne  Old Black et son vibrato légendaire (depuis 68). L’attaque est lourde, rien de tel qu’une bonne vieillerie  pour prendre ses repères acoustiques, « Love and only love », NY jette des regards dans l’amphi mais le regard est ailleurs, qui écoute, le son est bon, « Powderfingers », c’est parti. Le concert est filmé et c’est bien pour ceux d’en haut, surtout que c’est remarquablement bien fait,  mais c’est plus dur pour les chairs, les biceps de Poncho Sampedro sont flasques et ce n’est pas son T shirt de Jimmy Hendrix qui arrange son look…le menton de Neil  a pris du bide, Ralphie fait le jeune sous sa casquette à l’envers, et Billy Talbot  à la vue basse. Qu’importe ça le fait !   Ils enchaînent avec le nouvel album, « Psychedelic pills » et « Walk like a giant » que j’aime beaucoup et qui se termine ici dans un long délire électrique tel que les affectionne NY, mais c’est dans l’esprit de la chanson, un vent apocalyptique souffle sur la lande. Billy se fait botter le train et ça repart sur « Hole in the sky ».
C’est déjà l’heure du quart d’heure Harvestien, avec l’inévitable « Heart of gold », NY marche sur scène l’harmonica aux lèvres, on ferme les yeux et rien n’a changé. La surprise vient d’une reprise émouvante de Dylan « Blowin’ in the wind » et si Dylan a perdu sa voix, celle de NY est toujours là. Ne rouille pas. Enfin le loner se dirige vers le piano bastringue et nous offre ce moment magique et poétique en interprétant « Singer without a song » de ses doigts un peu boudinés, la silhouette plus épaisse que jadis mais la voix toujours aussi limpide et fragile.
Bon on n’est pas là pour rêvasser et ceux qui sont venus avec la pochette d’Harvest sous le bras peuvent repartir. Quelle idée d’ailleurs, le meilleur est à venir.
Le deuxième set redémarre avec le dernier album « Ramada Inn » puis les premiers rangs s’excitent, enfin, sur un « Sedan delivery » bien pêchu. Enchaînement  « Mr Soul »  et l’inévitable « My My Hey Hey », la version électrique, sans le fameux "it’s better to burnt out than to fade away" car c’est la fête ce soir, la fête au Crazy Horse. Alors pour le rappel on termine la soirée avec un étonnant et délirant « Fuckin’ up ». Poncho s’éclate, doigts d’honneur aux filles du premier rang, NY se marre. J’aurai bien aimé un petit mot d’adieu de mon grand frère, mais le loner est reparti nonchalamment, en présentant des équipiers qu’on ne présente plus…

Reverrons nous NY et son Crazy Horse sur scène ? J’ai ma petite idée mais je crois que " the answer, my friend, is blowin’ in the wind
 JC RockBôf
Allez, petit retour en arrière….



 MY MY HEY HEY : Neil Young "Out of the blue" par JeanMaRock
En fin de programme de "Jazz à Vienne" l'organisation a eu la bonne idée d'inviter  Neil Young. J'aime à penser que cette légende sur pied est à sa place partout, tant il a visité de mouvements musicaux avec bonheur, preuve de sa curiosité et de son obsession à se renouveler.
The Loner est de retour, pour quelques dates en France qu'on se le dise. Il était déjà sur cette scène de Vienne en 1996 avec en première partie une Alanis Morissette, encore peu connue à l'époque, qui avait mis le feu, tant bien qu'on se faisait du soucis pour la performance de notre héros, et il avait déjà assuré et haut la main.
17 ans plus tard, le sujet ne se pose pas, un groupe français de rock primitif, les "backstage rodéo" auront certainement beaucoup de mal  a réaliser qu'ils étaient  en première partie de Neil Young devant 7000 personnes en 2013.
Lecteur, cette chronique ne sera pas objective.  Neil Young fait partie de ma carte génétique musicale. Comme beaucoup j'ai transpirer, adolescent, en gratouillant "The needle and the damage done" à la guitare, et j'écoutais " love in mind" quand j'avais une peine de cœur. I Love NY voilà.
Alors évacuons tout de suite les aspects négatifs de ce concert: avec des places entre 67,50 € et 122,50 € on n"est loin du poète et du "flower power", Neil Young est aussi un homme d'affaire averti.

Et après ça on peut dire que c'était un excellent concert, cette tournée 2013 est un très bon cru. Le spectacle est parfaitement articulé en piochant dans la discographie foisonnante de l'artiste; du tout neuf avec des extraits de son dernier album " Psychedelic Pill" sortie en 2012 (un double album très bien accueilli par les spécialistes) et du très vieux avec par exemple le fameux "Heart of gold" extrait du non moins fameux album "Harvest". Malgré sa discographie impressionnante il trouve le moyen de reprendre une chanson de Bob Dylan "Blowing in the wind" : Un grand moment !
La voix du champion est intacte, sa créativité enthousiaste aussi. Ce qui m'a frappé ce soir  c'est la cohésion inaltérable du groupe,  "Crazy Horse" ce ne sont pas seulement des musiciens qui accompagnent Neil Young, c'est un vrai groupe, leur complicité et leur complémentarité est évidente, tous chantent  et ensemble ils produisent un gros son de  guitares saturées magnifiquement maitrisé.
Pour le dernier morceau ils entament le morceau légendaire : Hey Hey My My ( into the black) et ça donne: ..."Out of the blue and into the black...Rock and roll can never die"
C'est l'apothéose dans le théâtre antique. Gros succès pour un immortel.
Neil Young can never die!  

JeanMaRock
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mardi 16 juillet 2013

Youn Sun Nah et Avishai Cohen au théâtre antique de Vienne


Le Vendredi 12 juillet à Jazz à Vienne
En une soirée j'ai compris l'enthousiasme du redac'chef et de JC Jazzbôf pour deux étoiles du jazz contemporain, la Coréenne Youn Sun Nah et le bassiste Avishaï Cohen, tous deux programmés le même soir, mais l'un après l'autre.


 Devrais-je parler d'étoiles ou de constellation, au vu des musiciens qui les accompagnaient: Ulf Walkenius ou Vincent Peirani pour la première,Nitai Hershkovits ( piano), Eli Degibri (sax tenor) et le jeune batteur indien Ofri Nehemya pour le second.Mais plus encore qu'une soirée lumineuse, ce 12 juillet fut un feu d'artifice prématuré de sensations intimes.
Un de ces rendez-vous entre l'artiste et le public comme Vienne les aime : Youn Sun Nah décroche une standing ovation au 3e morceau de son set, et subjugue la foule jusqu'à la fin.

Avishaï Cohen fait d'abord un show très enlevé et très pro : son
quartet tourne comme une montre. Puis il sort. Et c'est là que le miracle à lieu, le rappel déclenchant chez lui une fantaisie débridée ,faite d'impros en solo à la contrebasse ( Joe Dassin ! ), de chansons cubaines en espagnol, de reprises en trio ou en quartet (Besame mucho) pour finir sur un "Shalom" endiablé ,le public chantant le refrain. Il est 1 heure passée ce 13 juillet quand s'achève ce marathon ( cinq heures de musique, José James ayant ouvert le bal à 20 heures).


Et c'est là qu'on se dit : dire que j'ai failli rater ça !
FrançoisJazzBof



La video du concert de Youn Sun Nah est à voir sans modération sur ArteTV ( belles images et bon son)

Chucho Valdes y Buika à Jazz à Vienne

Le mercredi 10 Juillet au théâtre antique de Vienne
Le ciel est encore électrique après les tonnerres et les sots d'eau qui se sont abattus sur Vienne quand le grand Chucho Valdes et son groupe les  Afro Cuban Messenger font leur entrée sur scène.
En un rien de temps nous voilà transportés à la Havane.
Bienvenue dans le plus grand club cubain du monde !
Bienvenido amigo dans le son afro cubain !
C'est un déluge de percussions qui nous saisit avec ravissement, je ne sais pas si c'est cette interruption du spectacle pendant laquelle le public a piétiné à l’abri  dans les tunnels du théâtre antique mais le plaisir à l'écoute de cette musique en semble décuplé.
 Chucho Valdes ,le chef de fil des pianistes cubains, n'a pas lésiné sur les moyens; pas moins de trois percussionnistes, Rodney Barreto batteur phénoménal, Yaroldy Abreu aux Congas et Dreizer Durruthy à la voix et à divers autres instruments de percussions : Batas, marakas, shékére ... avec cette armada percussive  les rythmes cubains sont pour le moins bien servis. La rythmique est complétée par Gaston Joya à la contrebasse qui aura plusieurs moments de gloire dans la soirée.

Alors quand le piano du maître ou  la trompette de Renaldo Melian s'emballe sur ces rythmes c'est du pur bonheur latino.
Le groupe nous présente beaucoup de morceaux du dernier album "Border Free" où Chucho Valdes fait une incursion vers la musique des indiens d'amériques du nord et la culture arabo-andalouse.
Il reprendra aussi quelques morceaux d'un album en l'honneur de son père Bebo Valdes  pionnier du jazz afro cubain.
Chucho Valdes au piano semble avoir un cerveau pour chaque main, tant les jeux de la main gauche et de la droite sont asymétriques et foisonnantes. Il a en plus un grand sens de la mélodie

Et puis le soleil noir est arrivé sur scène : Concha Buika, magnifique chanteuse espagnole, tout de noir vêtue  avec simplement une grosse boucle d'oreille et des chaussures roses.  
Elle entame son tour de chant avec un flamenco flamboyant, puis une chanson en anglais où on en la sent moins à l'aise, puis deux autres qui ne figurent pas dans le très bon album qu'ont réalisé ensemble Chucho Valdes et Buika en 2009 " El ultimo Trago" Et puis ... et puis c'est tout pour Buika, on lui offre des fleurs et par ici la sortie. C'est court non ? Et je n'étais pas le seul dans le public a le regretter.
Mais la vedette c'est Chucho et il est venu de loin lui, alors place !, mais il faudra penser à la réinvité M. Jazzavienne pour un set complet avec cette divine chanteuse.

Le concert se poursuit ensuite avec autant de brio, j'ai pu noter un très beau  morceau mélancolique en duo piano et contre-basse qui se transforme à l’occasion en violoncelle "Pilar" du dernier album, un autre avec Chucho seul au piano et pour le final une composition phare du dernier album : Caridad Amaro.

La pluie aura fait comme nous pendant le concert elle s'est arrêtée bouche bée devant tant de talent et de fantaisie. Merci la pluie!
JaZZmarc
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mardi 9 juillet 2013

Nuit du Jazz Agde 2013


Un grand merci à cette 12ème Nuit du Jazz d’Agde qui dans son parc du château de Laurens, en mauvais état, a encore démontré que l’on peut rencontrer de grands artistes en toute convivialité et simplicité. Ici on mange la paella pendant l’apéro-concert, le vin Richemer coule à flot et le ciel est bleu au-dessus des magnolias. Il y a de petites tables derrière la scène au bord de l’Hérault où les musiciens viennent se restaurer avant de monter sur scène. On peut s’approcher tout près et même prendre des photos !

En première partie : Cécile Mc Lorin (oui celle qui était à Vienne il y a quelques jours). Franchement je trouve son dernier album Woman Girl  un peu  ennuyeux et démonstratif (sans âme ?) Et bien son âme  est là, sur scène, comme j’aime souvent le répéter, « le Jazz c’est comme les bananes ça se déguste sur place » (JP Sartre). Que rajouter à tout ce que l’on écrit sur elle en ce moment, sinon qu’elle s’amuse de sa voix sublime comme un chat d’une souris, qu’elle sourit quand passe un train et suspend sa voix,  qu’elle sait prendre un fou rire avec son pianiste (l’excellent Aaron Diehl) quand celui-ci rate la dernière touche du clavier. Et si c’était ça le bonheur. On oublierait qu'elle n'a pas encore 25 ans. Pendant le set je vais prendre quelques photos du batteur Rodney GREEN qui se cache derrière ses fûts, il me lance un regard noir, puis un large sourire. Cool, t’es à Agde mec !

Les fûts de bière quant à eux sont vides pour la deuxième partie. Quel malheur ! Heureusement Richemer est toujours là….pendant qu’on démonte le piano.

Le grand Sylvain Bœuf arrive alors et aux  premières notes le parc se vide un peu hélas, toutes les oreilles ne sont pas prêtes au Jazz électrique de son sax rageur. Même sur place les bananes peuvent parfois être encore un peu vertes… Sylvain Bœuf nous présente son dernier album « Electric excentric », il en a plein à vendre et ça pulse de façon flamboyante. Je ne peux m’empêcher de penser à l’album de Guillaume Perret et son Electric Epic (les saxs français ont la pêche), il faut dire qu’il y a une  pièce commune aux deux albums et non la moindre avec la présence impressionnante de Philippe Bussonet à la basse. Calme et facile comme John Entwistle (ma référence rock). Même quand il ne joue pas il reste dans le tempo et attend un signe de la tête de son leader pour débouler. Il forme une sacrée paire avec Julien Charlet à la batterie qui n’est pas là pour rigoler. Alex Tassel au bugle vient dialoguer sur quelques morceaux  avec Sylvain Bœuf , sans oublier Olivier Louvel à la guitare, que nous avons découvert en remplaçant de dernière minute de Manu Codja (qui va être papa), alors chapeau à lui car il nous a un peu inquiété, on peut le dire, au départ, avec ses lunettes et ses partitions en perdition, sous l’œil parfois étonné ( ?) du boss. Bravo les gars. A l’année prochaine pour la 13ème…

JC JazzBof Délocalisé
 Cécile McLorin Salvant - I Didn't Know What Time it Was


 Concert Sylvain Beuf Electric Quartet


lundi 8 juillet 2013

Blues à Vienne

Le Samedi 6 Juillet Jazz à Vienne
Nuit parfaite pour Vienne: la chaleur diurne a chauffé la pierre des gradins et sera restituée jusque tard dans la nuit. Johnny Winter commence à 20 heures 30 pétantes et son set accompagne le coucher du soleil. Parallèle évident entre les deux astres, celui du blues ayant gardé la précision et le feeling de son jeu de guitare mais perdu la voix et la mobilité des jambes ( il fera son entrée et sa sortie de scène sur un siège à roulettes ).
Le répertoire permet de réviser ses classiques: Got my mojo workin', Bonie Moronie, Jumpin' Jack flash, Gimme Shelter, It's all over now, Dust my broom, Highway 61 revisited.
Pas de rappel:Johnny est fatigué.

La surprise vient du deuxième set, celui de Shemekia Copland, fille du célèbre bluesman et fière de
jouer cette musique. Sa présence sur scène est étonnante.
 Physiquement d'abord, moulée dans une jupe rouge et juchée sur d'improbables escarpins à talons argentés. Mais surtout vocalement, la chanteuse ayant un "coffre" renversant. De plus Shemekia explique chacune de ses chansons, celle-ci pour dénoncer la pire des discriminations, la pauvreté, celle-là en souvenir de l'église où allait sa grand-mère, cette autre contre tous ceux qui disent qu'ils aiment Dieu mais semblent détester "everybody else".La diva aura droit à deux standing ovations méritées.




Ce qui rend le passage de témoin à Robert Cray difficile : il s'en tirera avec finesse, professionnalisme et émotion, chantant de merveilleuses ballades ("i'm still a man") et finissant sur "the Forecast".

FrançoisJaZZbof

Sixto Rodriguez à Jazz à Vienne

Le vendredi 5 Juillet à Jazz à Vienne
Nous sommes venus pour participer à un conte de fée, celui de Sixto Rodriguez musicien maudit oublié pendant 40 ans et qu'un documentaire phénomène "Sugar man" (Oscar 2013 du Meilleur film documentaire) a réhabilité et poussé à nouveau au devant de la scène.

Mais le prince charmant a maintenant 70 ans, et il est presque aveugle ( il faut 2 personnes pour l'accompagner devant le micro). Il n'est plus que l'ombre de ce qu'il aurait pu être.
Des articles relatant les 3 récents concerts à Paris qui furent calamiteux nous avaient alertés, je n'aurais pas du les lire ! "un regard neuf " m'avait on dit.
Rodriguez est d'abord entouré par un trés bon groupe, et en particulier par un guitariste brillant Edward Coonagh  dont les interventions sont décisives pour la cohésion de l'ensemble.
Les chansons sont courtes, comme on n'en fait plus, mais le résultat est là, l'émotion passe et c'est bien l'essentiel. Il y a certainement beaucoup d'affectif dans cette adhésion inconditionnel du public qui l'ovationne, car il ne chante pas toujours juste et son jeu de guitare est approximatif.
Mais quand même, quand il lance "I wonder"  ou "Sugar man" on est ému, ça l'fait quoi !
Il reprend quelques standards des années 50/60 notamment le cultisime "Unchained Melody" (BO du film ghost), ou encore "Lucille" de Little Richard qui devient un rock désespéré.

Voilà donc notre "hibernatus" à la gueule d'indien qui réussi son affaire avec sa séquence nostalgie, et réalise un show tout a fait digne qui restera dans les mémoires.

Nous avons assisté à la dernière page du documentaire : Sixto au théatre de Vienne devant 8 000 personnes (Oui il vaut peut être mieux que ce soit la dernière)

Rodriguez : Looser magnifique ou coup marketing ? peut être les deux.

 JaZZmarc
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